2. Qu’est-ce que la phytoremédiation ? Et la phytoextraction ?

La phytoextraction, quel mot compliqué pour un procédé, en théorie simple… Par la suite, nous allons vous expliquer le plus simplement possible la phytoextraction.

Tout d’abord avant de parler de la phytoextraction, parlons de la phytoremédiation en elle même, la phytoremédiation, cela consiste à utiliser des plantes pour dépolluer les sols, l’eau ou l’air. Pour ce qui est de débarrasser de ses polluants l’air des habitations et des bureaux, les fameuses plantes dépolluantes, à la mode depuis quelques années, ont une efficacité controversée. En revanche, l’aptitude des racines des végétaux à extraire certains polluants chimiques, à les stocker voire à les dégrader, n’est pas mise en doute. Ces éléments nocifs peuvent être présents dans le sol, mais aussi dans l’eau, dans le cas de cultures hydroponiques ou lors de l’utilisation d’eaux usées pour l’arrosage des cultures « dépolluantes ».

Ces plantes peuvent donc agir différemment :

– par phytoextraction : les polluants sont extraits par les racines, puis stockés dans les tiges et les feuilles. La plante est ensuite récoltée.

– par phytostabilisation : les racines bloquent les polluants, empêchant leur évasion. Ceci peut être une sorte de  barrière, et donc éviter que les polluants n’arrivent jusqu’à un cours d’eau, par exemple.

– par phytodégradation : la plante accélère le processus de dégradation des polluants de type organique (ex : hydrocarbures), grâce à des micro-organismes ou des enzymes.

– par phytovolatilisation : Les polluants passent dans la plante, qui agit elle comme un filtre, en les rendant moins nocifs, et sont ensuite libérés dans l’atmosphère.

Allons droit au but, la phytoextraction, c’est l’absorption de métaux lourds (zinc, cadmium, nickel) par les racines de la plante, et stockés en quantités plus ou moins importantes dans ses parties aériennes (feuilles généralement) : on parle de phytoextraction. Certaines plantes sont dites phytoaccumulatrices, ces plantes permettent de stocker plus de métaux, plus rapidement, que les plantes comme les choux… La plante se présente donc comme un piège à polluants (métaux lourds : zinc, cadmium, nickel). Mais que fait-on ensuite de ces plantes « poubelles » ? Soit on les brûle, et il reste alors à traiter chimiquement les cendres pour les débarrasser de leurs métaux lourds (mieux vaut traiter des kilos de cendres que des tonnes de terre !), soit on les exploite : ces métaux, qui ont une valeur et peuvent être réutilisés, sont extraits de la matière végétale. La plante est alors appelée « phytomine » : ainsi, il est possible de « récolter » 100 kg de nickel par hectare de culture d’Alyssum murale sur un sol contaminé par le nickel.